Me revoilà, coucou, ça va ? Je ne te souhaite pas bonne année, tu sais ce que je pense de ça (et si tu sais pas, c'est dommage).

L'autre jour, en fait c'était un soir, on a organisé l'habituelle tartiflette-tiramisu de l'hiver à la maison. Un vieux concept, maintenant validé. C'était juste avant Noël (histoire d'habituer les systèmes digestifs à l'orgie de calories solides et liquides qui ne manque pas d'accompagner les fêtes de fin d'année, quelle originalité). Oui, c'est un détail inintéressant pour la suite de l'histoire mais en 2010 je fais toujours ce que je veux sur mon blog, bordel.

Un pote, appelons-le Ludo, à tout hasard qui fait bien les choses, puisque c'est son nom! Dingue, non ? Enfin bon ce pote, Ludo, donc, revenait de Copenhague et avait rapporté de son périple une bouteille d'alcool suédois. Ou du coin, quoi (je suis étudiante en géographie, je t'ai pas dit ?).

Après le léger repas, accompagné comme il se doit d'eau pétillante, Ludo nous a proposé de goûter sa trouvaille. Comment te dire...faut que je te raconte.

Un truc qui a l'air normal, au début, dans sa bouteille.

Puis tu ouvres la bouteille et tu humes le goulot, par curiosité, et parce que vu que sur l'étiquette tout est écrit en danois (ou finlandais ?), que tu ne parles pas et que tu lis encore moins, tu aimerais savoir à quelle épreuve tu vas soumettre ton foie.
Du dentifrice, est la première association d'odeur qui te vient à l'esprit. Mais pas un classique, hein, non, un aux plantes de la pharmacie. D'ailleurs clou de girofle est ta deuxième idée.
Là, suffit que tu dises clou de girofle pour déchaîner les passions, tout le monde y allant de sa suggestion d'herbe ou d'épice qui pourrait entrer dans la composition du breuvage danois (norvégien ?).
Tout y passe. Y compris le coca (???).
Alors tu te dis que tu vas braver cette odeur et tester ce truc, parce que bon, Ludo n'a pas rapporté cette bouteille de Copenhague pour rien non plus, hein.

Tu te sers un verre de soutien (ie tout petit, le soutien étant le verre que tu bois pour relancer la soirée, mais hypocritement dans des tous petits verres que tu re-remplis très souvent, à chaque fois que quelqu'un réclame un soutien en fait). Et tu fais bien!!!
Un éclair de génie t'enjoint par ailleurs de ne pas avaler ton verre cul sec. Tu trempes, au contraire, délicatement tes lèvres-de-ta-bouche dans ce doux nectar. Gercées les lèvres, tu t'en souviens avec précision à ce moment-là.
Tu avales la minuscule gorgée que tu as prise.

...

Tes joues s'empourprent.
Tes yeux crient "putain sa mère la pute d'enculée sa race maudite" en pleurant des larmes de sang.
Dans ta bouche, ta langue explose (et semble-t-il, tes dents aussi).
La muqueuse de ton palais s'arrache en lambeaux.
Tu peux te nourrir désormais directement par ton oesophage, grâce à la fenestration créée par le passage du liquide.
Oui, c'est tout simplement abominable.
A tel point que l'odeur, à côté, c'est un divan profond comme un tombeau, sur lequel tu serais couchée avec un homme que tu aimes et qui t'aime.
J'ai dit à Ludo de repartir avec sa bouteille. Nan mais hors de question que je garde une arme pareille chez moi. Dans les yeux ça doit faire de beaux dégâts, tiens.

La prochaine fois, je te raconterai mon réveillon du nouvel an. Un teasing : à minuit il s'est passé un truc. Je suis très forte en teasing.